Spatium, 2016

Il s’agit d’explorer le mouvement, le déplacement, le décalage et le geste répété en utilisant variations et combinaisons multiples. Ainsi l’intention première réside dans la mesure de l’espace et du temps par le biais du corps. À travers d’actions simples peut éveiller les sensations du corps en gardant à l’esprit le fait que même un corps immobile communique quelque chose. C’est une recherche autour des micromouvements, des postures et des suspensions de l’attention. Parfois le corps est immobile, n’ayant trouvé comme résistance que sa propre inertie, que sa lenteur, n’ayant trouvé comme subversion possible que quelques microévénements à opposer à son environnement.

«Le mot latin spatuim n’est pas en lui-même particulièrement abstrait, puisqu’il désigne l’aire de la promenade, le stade ou l’arène, et qu’il signifie d’abord espace de temps et est formé à partir de la même racine que spes, espoir, de sorte qu’il faudrait plutôt le définir comme un champ ou un horizon d’attente. Ce mot en vient pourtant chez Lucrèce à désigner l’intervalle entre deux corps, c’est-à-dire ce qui permet au vide et au corps d’entrer en relation. Le spatium n’a donc pas, dans cette perspective, de spécificité propre, ce sont les lieux (loci), les corps, les vides qui le fragmentent.»

DASTUR (Françoise), «espace et habitation» , Palais, Le magazine du Palais de Tokyo, n° 20, Paris, 2014, p. 72